L’ère de l’IA « totalement gratuite et sans contrepartie » touche à sa fin chez OpenAI. Depuis ce lundi, les utilisateurs américains du forfait gratuit et de l’offre « Go » à 8 $ par mois voient apparaître une nouveauté de taille : des contenus sponsorisés. Cette décision, bien que prévisible au vu des coûts colossaux d’infrastructure, marque une rupture dans l’expérience utilisateur du chatbot le plus populaire au monde.
Une intégration sous haute surveillance
Pour OpenAI, l’enjeu est de monétiser sans dénaturer. Les publicités s’affichent désormais en bas des réponses, avec une distinction visuelle claire pour éviter toute confusion. L’entreprise se veut rassurante : le contenu sponsorisé n’influencera jamais la pertinence ou l’impartialité des réponses générées par l’IA. De plus, un rempart strict est maintenu concernant la vie privée, garantissant que vos échanges personnels ne sont pas directement consultables par les annonceurs.
Le fonctionnement repose sur la pertinence contextuelle. OpenAI prévoit de suggérer des produits ou services liés aux sujets abordés en temps réel. Toutefois, pour protéger ses utilisateurs, la firme exclut les publicités pour les mineurs ainsi que pour les thématiques sensibles comme la santé mentale, la politique ou le bien-être médical.
Sam Altman vs Anthropic : La guerre des nerfs est déclarée
Ce lancement ne s’est pas fait dans le calme. Il intervient au lendemain d’une offensive marketing musclée d’Anthropic lors du Super Bowl LX. Le concurrent a diffusé des spots parodiant une IA polluée par des placements de produits absurdes, promettant que son modèle, Claude, resterait une zone « sans pub ».
La réponse de Sam Altman ne s’est pas fait attendre. Le patron d’OpenAI a qualifié ces méthodes de « malhonnêtes », affirmant que la publicité est le seul levier viable pour offrir une IA de pointe à ceux qui n’ont pas les moyens de payer un abonnement. Avec une pointe de sarcasme, il a rappelé la domination de son outil en soulignant que le nombre d’utilisateurs gratuits au Texas dépasse l’audience totale de Claude aux États-Unis.
Le business model de l’IA : Vers un équilibre fragile
Pourquoi maintenant ? La réponse tient en un chiffre : des centaines de milliards de dollars d’investissements nécessaires pour les serveurs de demain. Selon des sources proches du dossier (CNBC), OpenAI demande un ticket d’entrée minimal de 200 000 dollars aux annonceurs pour participer à cette phase de test, débutée discrètement dès le 6 février.
À long terme, OpenAI ne compte pas devenir une régie publicitaire géante : la publicité devrait représenter moins de la moitié de ses revenus totaux. L’objectif reste de pousser les utilisateurs vers les versions Plus, Pro ou Entreprise, qui demeurent, elles, totalement garanties sans interruption publicitaire.


