Samsung Electronics a officialisé mardi 21 juillet la création de RX, pour « Robotics eXperience », une division qui unifie l’ensemble de ses activités robotiques — de la stratégie à la commercialisation — sous une seule structure rattachée directement au PDG Roh Tae-moon. L’annonce confirme les mouvements de réorganisation repérés depuis plusieurs semaines dans la presse coréenne, qui évoquait initialement une appellation « Humanoid Experience » avant que le nom RX ne soit retenu.
Une structure pensée pour l’exécution de bout en bout
Concrètement, RX regroupe des équipes jusqu’ici dispersées au sein de la division Device eXperience. L’objectif est de réunir sous un même toit la définition de la feuille de route robotique à moyen et long terme, le développement des technologies fondamentales et l’exécution commerciale. La division sera hébergée sur le campus de R&D de Séoul à Umyeon-dong, et Samsung prévoit la construction d’une « usine de données » sur son site de Gumi, destinée à collecter les données industrielles nécessaires à l’entraînement de ses systèmes robotiques. Ces données seront ensuite exploitées par les équipes de recherche de Séoul pour affiner l’intelligence des robots.
Lee Dongkun, une recrue directement issue de Boston Dynamics
La direction de l’équipe Robotics Strategy revient au vice-président exécutif Lee Dongkun, arrivé chez Samsung en mai. Il a auparavant piloté la stratégie robotique de Hyundai Motor Group, avec la supervision directe de Boston Dynamics, référence mondiale de la robotique mobile. Deux profils académiques de premier plan rejoignent également RX : un professeur de l’Université nationale de Séoul, reconnu pour ses travaux en robotique, et un professeur de l’université d’Ajou, spécialiste des mains robotiques et de la manipulation — un verrou technologique considéré comme l’un des plus difficiles à lever pour la commercialisation des humanoïdes.
La main robotique, chantier technique prioritaire
Samsung indique avoir déjà progressé sur ce point précis, via une combinaison de recherche interne et de partenariats externes. Les équipes de Samsung Research travaillent notamment sur des technologies capables d’assembler et de connecter des matériaux souples, à l’image de câbles électriques changeant constamment de forme — une brique technique nécessaire pour des mains robotiques capables de manipuler des objets avec la dextérité requise en environnement industriel.
Une stratégie construite par étapes depuis 2024
La création de RX s’inscrit dans une trajectoire engagée de longue date. Samsung était devenu fin 2024 le premier actionnaire de Rainbow Robotics, avec une participation portée à environ 35 %, dans l’objectif de combiner son expertise en intelligence artificielle, logiciel et distribution mondiale avec la technologie robotique de sa filiale. Lors de sa conférence de résultats de janvier, le groupe avait indiqué vouloir obtenir des « résultats tangibles » dans le domaine des robots humanoïdes dès cette année. Roh Tae-moon avait par ailleurs évoqué un investissement de 19 000 milliards de wons, soit environ 13 milliards de dollars, pour équiper le site de Gumi en capacités de production de robots humanoïdes.
Priorité à l’usine avant la maison
La feuille de route dévoilée privilégie une approche progressive : les premiers robots humanoïdes seront déployés dans les usines de Samsung, avant une extension vers les environnements domestiques et le commerce de détail une fois la fiabilité technologique démontrée. Cette approche s’inscrit dans le mouvement plus large de l’industrie vers « l’IA physique », terrain sur lequel Tesla, plusieurs acteurs chinois et plus largement l’ensemble des grands groupes technologiques accélèrent leurs investissements, tout en s’inscrivant dans les priorités affichées par plusieurs gouvernements en matière de compétitivité industrielle.
Une expansion internationale de la R&D annoncée
Samsung prévoit d’ouvrir des pôles de recherche robotique aux États-Unis, en Chine et au Japon, afin de s’appuyer sur les écosystèmes technologiques locaux. Ce maillage international doit permettre au groupe de renforcer sa compétitivité face à des concurrents déjà bien implantés sur le segment des humanoïdes, dans un marché où la bataille se joue autant sur le matériel que sur les modèles d’intelligence artificielle embarqués.


