Broadcom sécurise son approvisionnement en puces IA chez TSMC jusqu’en 2028
Le groupe américain Broadcom franchit une nouvelle étape dans la course mondiale aux semi-conducteurs pour l’intelligence artificielle. L’entreprise a confirmé avoir sécurisé, auprès du fondeur taïwanais TSMC, des volumes de mémoire à haute bande passante (HBM) ainsi que des capacités de production sur des nœuds avancés jusqu’en 2028.
Cette décision vise à garantir une chaîne d’approvisionnement stable pour répondre à l’explosion de la demande en puces IA personnalisées, devenues essentielles pour les infrastructures d’intelligence artificielle des géants du numérique. L’annonce intervient quelques jours après la publication des résultats financiers du premier trimestre fiscal de l’entreprise, qui confirment l’ampleur du boom du secteur.
Des résultats record qui confirment l’essor des puces IA
Lors de la conférence téléphonique du 4 mars, le PDG Hock Tan a présenté des perspectives particulièrement ambitieuses. Selon lui, Broadcom dispose désormais d’une visibilité suffisante pour atteindre plus de 100 milliards de dollars de revenus liés aux puces d’intelligence artificielle d’ici 2027.
Les résultats du premier trimestre fiscal, clos le 1er février, illustrent cette dynamique. Broadcom a enregistré un chiffre d’affaires record de 19,3 milliards de dollars, soit une hausse de 29 % sur un an.
La croissance est encore plus spectaculaire du côté des semi-conducteurs destinés à l’IA : ce segment a bondi de 106 %, atteignant 8,4 milliards de dollars.
Pour le deuxième trimestre, l’entreprise prévoit un chiffre d’affaires d’environ 22 milliards de dollars, nettement supérieur au consensus des analystes fixé à 20,56 milliards de dollars. Les revenus issus des puces IA devraient, à eux seuls, atteindre 10,7 milliards de dollars.
Dans le même temps, Broadcom a annoncé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 10 milliards de dollars d’ici fin 2026, un signal fort envoyé aux investisseurs quant à la solidité de ses perspectives financières.
Sécuriser la chaîne d’approvisionnement face aux pénuries de l’industrie
La décision de verrouiller les volumes de mémoire HBM et les lignes de production avancées de TSMC répond à un défi majeur pour l’ensemble de l’industrie technologique : les capacités de production limitées et les pénuries de composants qui menacent la croissance du marché de l’IA.
Selon le média économique sud-coréen Chosun Biz, Broadcom aurait sécurisé l’intégralité des volumes nécessaires jusqu’en 2028, dans un accord dont l’ampleur serait comparable à ceux conclus par Nvidia et AMD.
Cette stratégie permet à Broadcom de se protéger contre l’un des principaux goulets d’étranglement de l’écosystème de l’IA : la disponibilité de la mémoire HBM et des capacités de gravure avancées, indispensables pour produire les accélérateurs de nouvelle génération.
Les géants du numérique accélèrent le développement de puces sur mesure
La montée en puissance de Broadcom s’explique également par un changement stratégique chez les grandes plateformes technologiques. Plutôt que de dépendre uniquement des GPU standard, plusieurs acteurs majeurs développent désormais leurs propres puces spécialisées.
Parmi les clients de Broadcom figurent notamment Google, filiale d’Alphabet, ainsi que Meta, Microsoft et Amazon. Ces entreprises cherchent à optimiser leurs modèles d’IA en concevant des circuits intégrés spécifiques (ASIC) parfaitement adaptés à leurs besoins.
Cette tendance marque une évolution majeure dans l’architecture des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
Wall Street revoit ses objectifs à la hausse
Après la publication de ces résultats, plusieurs grandes banques d’investissement ont relevé leurs objectifs de cours pour l’action Broadcom.
- JPMorgan Chase : objectif porté à 500 dollars
- Citigroup : 475 dollars
- Truist Securities : 545 dollars
- Evercore : 582 dollars
Pour Kim Se‑hwan, analyste chez KB Securities, ces résultats confirment une transformation profonde du marché des infrastructures d’intelligence artificielle. Selon lui, l’écosystème évolue progressivement d’un modèle dominé par les GPU vers des accélérateurs basés sur des ASIC.
Face aux coûts élevés et aux tensions d’approvisionnement, de nombreux clients préfèrent désormais concevoir leurs propres puces, une évolution qui pourrait redéfinir l’équilibre de l’industrie des semi-conducteurs dans les prochaines années.


